Le bout du monde

Le bout du monde.

Aller au bout. Au bout de l’île.

Faire le vide ici pour aller le remplir là-bas.

Remplir le verre à ras bord. Le faire tant pour frémir à chaque secousse de la vie que pour faire taire les personnes qui persistent à voir ce verre à moitié vide alors qu’il est à moitié plein.

Aller au bout. Aller au nord de l’île pour ne pas le perdre ainsi que pour y accueillir et affronter les tempêtes d’ouest.

Profiter de la lumière de la « lumineuse ». Noircir des pages blanches pour moins souffrir du reflet de la lumière sur celles-ci, pour moins souffrir tout court.

Y être certes loin de tout, mais aussi loin de tout !

Se rapprocher de l’essentiel sans s’éloigner de l’originel.

Aller au bout, au bout de l’île, avant d’être à bout. Avant le ras le bol, le raz de marée. Faire face à l’océan, être humble devant lui de part sa faculté d’aller plus au bout de l’horizon que moi.

Éric Baisson – Tous droits réservés

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